Progression à Padirac
Introduction
Padirac est une rivière souterraine aménagée
pour le tourisme, sans difficulté dans sa première
partie.
Après le terminus des touristes, la progression se fait,
en général, en naviguant sur un canot gonflable
résistant (Aerazur, Angulé, Espagnol... les Seyvilors
de plage sont trop fragiles). De nombreux embarquements-débarquements
sont nécessaire pour franchir les nombreux barrages de
calcite qui forment les gours.
Il faut aussi maîtriser les techniques spéléos
alpines (pour franchir les chaos et barrières à
l'aide de cordes), tout en étant chargé comme des
mules : kit sherpa de16 kg dans le dos,
kit spéléo et canot à la main.
Difficultés de progression en canot
Selon le niveau de l'eau, la difficulté de progression
varie, mais ce n'est pas parce qu'il y aura plus d'eau que ce
sera plus difficile.
Les paramètres suivants font aussi varier la difficulté
et varient eux aussi en fonction du niveau de l'eau :
- La pente de la galerie
- La largeur de la galerie
- La forme des parois (lisses ou avec prises, en surplomb)
- La présence d'argile
- La hauteur d'eau à l'embarquement-débarquement
- Le tracé de la galerie : dans une galerie sinueuse,
il peut y avoir des contre-courant qu'il faudra utiliser.
- Le débit
- La flotabilité du canot
- Le chargement du spéléo
- L'équipement installé en fixe
- La cohésion de l'équipe
Relation hauteur d'eau et difficulté pour remonter
à contre courant


- Pas d'eau : c'est le "mythe de la boue à Padirac"
: La navigation est impossible, on s'envase, on s'englue.
- Hauteur normale : 5cm < h < 50cm : on a pied : embarquement
débarquement classique au barrage.
- En crue 50cm < h < 1m : Un équipement genre
"main courante" permettra de franchir sans débarquer
la marche d'eau aux environs du barrage.
- 1m < h < 2m : le courant est très rapide, la
marche due au barrage provoque une accélération
de l'eau. Il faut avoir de gros bras pour passer ou utiliser
une corde en fixe pour sortir de l'eau, passer au dessus du bloc
puis réembarquer.
- 2m < h < 3m : Il n'est plus possibe de passer sous
le bloc en canot : il faudra l'escalader ou utiliser une corde.
- h = 3m : on peut embarquer et débarquer classiquement
sur le haut du bloc.
- 3m < h < 4m : Le bloc peut géner. Une corde
permettra de sortir de l'eau et passer le bloc.
- h > 4m : Le courant devient faible, la navigation est
facile, sans obstacle.
Longueur de main-courante et niveau d'eau

- A l'étiage (niveau bleu 1) : pas besoin de main-courante
: le barrage est franchi par débarquement-embarquement.
- Au niveau haut (3) : Les points d'ancrage A2 et A3 peuvent
suffire sans débarquer.
- Au niveau moyen (2) : Le point d'ancrage A2 ne suffit plus,
A1 permettra de redémarrer.
Un main courante peut suffire par forte crue mais être
insuffisante pour franchir le seuil du gour avec un niveau d'eau
inférieur.
Conclusions
- Une sortie de Padirac en crue est possible jusqu'à
un certain point à évaluer par l'équipe.
- Les difficultés se déplacent en fonction du
niveau de l'eau.
- La poursuite de l'équipement "hors crue"
de la cavité permettra un gain de temps et d'énergie
appréciable.
- Une bonne connaissance des obstacles, comme par exemple le"Tiroir",
permet de les franchir sans grande difficulté.
En cas de doute sur la possibilité de sortie, il vaut
mieux bivouaquer pendant un jour ou deux sur un chaos pour attendre
la décrue, plutôt que de risquer sa vie en amont
du déversoir ou de se voir bloquer aux voûtes basses
en aval des "Etroits".
Page mise à jour le 6/1/2002 par Thierry
MAILLARD
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